« Je le connais. Je sais comment il va réagir. »

La phrase est familière. Elle apparaît dans nos relations personnelles autant que professionnelles, souvent après suffisamment de temps passé auprès de quelqu’un pour avoir appris à reconnaître ses réactions, ses sensibilités, ses façons de communiquer et les comportements qui semblent revenir lorsque certaines situations se présentent. Elle peut même témoigner d’une attention réelle portée à l’autre, de cette connaissance qui se construit lentement et permet de percevoir des nuances qui échappent encore à celui qui le connaît peu.

Toute relation possède ainsi une mémoire. Nous apprenons de ce que nous vivons ensemble, reconnaissons certaines continuités et développons progressivement une compréhension plus fine de l’autre. Cette expérience nous permet d’anticiper des besoins, d’ajuster notre façon de communiquer et de naviguer avec davantage de discernement dans la complexité de la relation. Elle nous évite aussi de recommencer à zéro à chaque interaction, comme si ce qui avait précédé ne nous avait rien appris.

À mesure que cette connaissance s’approfondit, un phénomène plus discret peut toutefois s’installer. Certaines impressions sont moins souvent vérifiées. Certaines questions semblent moins nécessaires. Nous anticipons plus facilement ce que l’autre pense, ce qu’il ressent, ce qu’il comprendra et la manière dont il réagira. Cette évolution passe aisément inaperçue puisqu’elle ressemble à l’une des conséquences naturelles de la proximité : nous avons accumulé suffisamment d’expérience pour croire que nous savons.

C’est ici qu’apparaît le paradoxe de la connaissance relationnelle : la connaissance qui nous permet de mieux comprendre quelqu’un peut progressivement réduire la curiosité qui nous permet encore de le découvrir.

À quel moment ce que nous savons d’une personne commence-t-il à déterminer ce que nous sommes encore capables de voir d’elle ?

La question mérite toute sa nuance. L’expérience relationnelle contient de véritables informations. Certains comportements se répètent suffisamment pour devenir des patterns. Certaines réactions deviennent raisonnablement prévisibles. L’histoire d’une relation peut aussi nous apprendre qu’une limite doit être posée, qu’une décision doit être prise ou qu’une distance devient nécessaire. Tout ce que nous avons vécu participe légitimement à notre discernement.

L’enjeu se situe ailleurs, dans un territoire beaucoup moins visible : demeurons-nous capables de distinguer ce que nous savons de ce que nous avons cessé de vérifier ?

Ce que nous savons de l’autre

Nous construisons notre connaissance des autres à partir d’une quantité considérable d’informations. Leurs paroles, leurs décisions, leurs comportements, les engagements qu’ils respectent, leurs réactions lorsque les choses deviennent difficiles et les expériences que nous traversons ensemble enrichissent continuellement notre compréhension. Plus une relation dure, plus cette mémoire devient dense et plus les repères dont nous disposons pour interpréter ce qui s’y produit se multiplient.

Cette familiarité peut réellement améliorer notre compréhension de certaines dimensions de l’autre. Elle nous donne accès à davantage d’informations, nous permet de l’observer dans différents contextes et affine certains de nos jugements. Elle comporte également une limite fondamentale : une partie de l’expérience humaine demeure intérieure. Les intentions, les émotions, les raisonnements qui précèdent certaines décisions ou les expériences qui ont récemment transformé une perspective ne nous sont jamais entièrement accessibles. Même dans les relations les plus profondes, notre compréhension demeure partielle.

Cette limite devient plus difficile à percevoir lorsque l’expérience nous a donné raison à plusieurs reprises. Une anticipation vérifiée renforce notre confiance dans notre capacité à prédire la suivante. Une réaction qui correspond à ce que nous attendions enrichit la représentation déjà construite. À mesure que ces expériences s’accumulent, la frontière entre ce que nous avons effectivement observé et ce que nous croyons désormais pouvoir anticiper devient plus fine.

« Elle a déjà réagi ainsi » peut progressivement devenir « elle réagit toujours ainsi », puis « je sais comment elle va réagir ».

L’expérience a produit de la connaissance. Cette connaissance influence désormais notre lecture de ce qui n’a pas encore eu lieu.

Notre connaissance de l’autre porte aussi notre empreinte

Les comportements que nous observons sont réels. Les paroles prononcées le sont aussi, tout comme les conséquences de certaines décisions. Ils constituent la matière première à partir de laquelle nous développons notre compréhension de l’autre. Cette matière prend toutefois son sens à travers une opération profondément humaine : nous l’interprétons.

Un silence peut évoquer du désintérêt. Une hésitation peut être comprise comme un manque de courage. Une question peut être perçue comme une remise en question. Une réaction émotive peut être associée à une difficulté à recevoir une rétroaction. Une prise de distance peut être vécue comme un rejet. Chacune de ces interprétations peut correspondre à ce qui se passe réellement, et chacune peut également n’en représenter qu’une partie.

Notre lecture se construit à partir du contexte, de notre histoire avec cette personne et de tout ce que nous avons déjà appris de la relation. Elle porte également notre propre histoire : nos attentes, nos valeurs, nos émotions, nos expériences antérieures et les mécanismes de protection que nous avons développés au fil du temps. Notre regard sur l’autre contient donc inévitablement une partie de nous.

Deux personnes peuvent ainsi traverser la même interaction et en conserver des compréhensions profondément différentes. Chacune a accès à des comportements, à des paroles et à des événements réels. Chacune les rencontre depuis une position qui lui est propre et leur attribue un sens à partir de cette position.

La recherche sur la perception interpersonnelle nous invite précisément à conserver cette complexité : nos perceptions des autres peuvent contenir simultanément de l’exactitude et du biais. Nous pouvons avoir développé une connaissance particulièrement juste de certains comportements d’une personne et continuer à interpréter d’autres informations à travers les représentations que nous avions déjà construites.

Reconnaître cette limite ne fragilise pas la valeur de notre expérience. Cela permet plutôt de situer notre connaissance pour ce qu’elle est : une compréhension parfois très éclairée de l’autre, construite à partir d’un point d’observation qui demeure le nôtre.

Lorsque le passé commence à interpréter le présent

La mémoire relationnelle nous permet de reconnaître les patterns et d’apprendre de l’expérience. Cette capacité est essentielle au discernement. Elle peut également devenir progressivement le filtre à travers lequel les informations nouvelles acquièrent leur sens.

Le biais de confirmation décrit notamment notre tendance à privilégier les informations compatibles avec ce que nous croyons déjà. Dans une relation, cette dynamique possède une force particulière puisque chaque interaction s’inscrit dans une histoire déjà chargée d’expériences, d’émotions et de significations.

Si je crois qu’une personne est défensive, ses réactions défensives trouveront facilement leur place dans la compréhension que j’ai construite d’elle. Les moments où elle accueille une conversation difficile avec ouverture pourront eux aussi être observés, tout en ayant moins de poids dans la représentation générale qui s’est consolidée au fil du temps. L’information nouvelle n’arrive jamais dans un espace vide : elle rencontre tout ce que nous croyons déjà savoir.

Le passé peut ainsi continuer d’éclairer le présent tout en réduisant progressivement les possibilités à travers lesquelles nous sommes disposés à l’interpréter.

Cette tension devient particulièrement importante lorsqu’on considère que les personnes évoluent. Elles développent de nouvelles capacités, traversent des expériences qui transforment leurs perspectives, apprennent parfois à mieux réguler leurs réactions et peuvent modifier des comportements qui semblaient autrefois profondément installés. Leur histoire continue de faire partie d’elles sans constituer nécessairement une prédiction complète de ce qu’elles feront aujourd’hui.

Lorsque notre représentation évolue moins rapidement que la personne qu’elle cherche à comprendre, un décalage devient possible. Nous continuons à reconnaître celui que nous avons connu et pouvons manquer certains indices de celui qu’il est devenu.

La connaissance relationnelle rencontre ici l’une de ses limites les plus intéressantes : ce qui nous permet de reconnaître la continuité chez l’autre peut aussi nous rendre moins disponibles à percevoir son mouvement.

Ce que nous anticipons entre avec nous dans la relation

Nos représentations influencent davantage que notre manière de penser à l’autre. Elles entrent avec nous dans la relation et participent à notre posture avant même que l’interaction commence.

Lorsque je suis convaincue qu’une personne réagira négativement à une conversation difficile, cette anticipation peut modifier la manière dont je m’adresse à elle. Je peux choisir mes mots avec une prudence inhabituelle, retenir certaines informations, retarder la conversation, réduire ma spontanéité ou entrer dans l’échange déjà préparée à devoir défendre mon point de vue. Ces ajustements peuvent être conscients et judicieux. D’autres se produisent beaucoup plus subtilement, dans notre ton, notre disponibilité, la tension que nous transportons ou la confiance que nous accordons à la possibilité même d’une conversation différente.

La personne devant nous entre alors dans une interaction déjà influencée par ce que nous anticipions d’elle. Elle répond au sujet abordé, à nos paroles et à l’ensemble de la posture relationnelle qui les accompagne. Sa propre perception de cette posture influence à son tour sa façon d’entrer dans l’échange.

Sa réaction devient ensuite une nouvelle information dans notre compréhension.

« Je savais qu’il réagirait comme ça. »

La psychologie sociale documente la possibilité de telles dynamiques de confirmation comportementale : dans certaines circonstances, les attentes que nous entretenons envers quelqu’un peuvent influencer notre comportement à son égard et contribuer à susciter des réponses cohérentes avec ces attentes.

Cette possibilité ne transfère jamais à l’un la responsabilité des comportements de l’autre. Chacun demeure responsable de ses paroles, de ses gestes et de ses choix. Elle ajoute cependant une dimension essentielle à notre compréhension : nous observons la relation depuis l’intérieur du système auquel nous participons.

À mesure que cette boucle se répète, chacun peut finir par percevoir certains comportements comme des caractéristiques entièrement individuelles, alors qu’ils continuent également de s’exprimer à l’intérieur d’une dynamique relationnelle qui les influence.

Qu’est-ce que notre manière d’anticiper l’autre contribue à rendre possible entre nous ?

Lorsque la certitude laisse encore une place à la curiosité

La curiosité se manifeste naturellement devant ce que nous savons ne pas connaître. Elle devient beaucoup plus exigeante lorsque nous possédons déjà une réponse qui nous semble crédible. Plus notre expérience avec quelqu’un est importante, plus nous disposons d’informations capables de soutenir nos anticipations et plus la vérification peut sembler superflue.

La curiosité relationnelle prend alors une autre profondeur. Elle repose sur notre capacité à conserver une part d’ouverture à l’intérieur même de ce que nous connaissons, à entrer dans une interaction avec une hypothèse forte tout en laissant suffisamment de place à une information qui pourrait la confirmer, la nuancer ou la transformer.

Je peux tolérer suffisamment longtemps de ne pas savoir ce que tu penses pour te permettre de me l’apprendre.

Cette posture demande une forme d’humilité face aux limites de notre propre compréhension. Les travaux sur l’humilité intellectuelle décrivent précisément cette capacité métacognitive à reconnaître que nos connaissances et nos croyances possèdent des limites et peuvent parfois nécessiter une révision.

Dans la relation, cette humilité devient profondément concrète. Elle apparaît lorsque nous pouvons poser une question dont nous n’avons pas déjà déterminé la réponse acceptable, lorsque nous demeurons présents assez longtemps pour entendre une perspective différente de la nôtre et lorsque l’information reçue possède réellement la possibilité d’enrichir ce que nous pensions savoir.

Curiosité et ouverture deviennent alors interdépendantes. La curiosité nous met en mouvement vers l’information nouvelle. L’ouverture permet à cette information de participer à notre compréhension. L’empathie élargit encore cet espace en nous rendant disponibles à l’existence d’une expérience différente de la nôtre, tout en conservant la conscience que notre accès à cette expérience restera toujours partiel.

Cette disponibilité comporte parfois un coût. Ce que nous découvrons peut déplacer une certitude qui nous rassurait, remettre en question une interprétation ancienne ou nous confronter à notre propre participation dans une dynamique devenue familière.

C’est à cet endroit que le courage entre dans la relation.

Le courage de rendre nos certitudes vérifiables

Certaines certitudes relationnelles remplissent une fonction. Elles donnent de la cohérence à des expériences difficiles, nous permettent d’anticiper une situation inconfortable et peuvent nous protéger de la répétition d’une dynamique qui nous a déjà affectés. Les rendre vérifiables demande parfois d’accepter que la réalité puisse nous conduire dans une direction différente de celle que nous avions anticipée.

La réponse de l’autre peut confirmer exactement ce que nous pensions. Elle peut aussi révéler qu’une partie de notre compréhension était incomplète, qu’une personne a évolué ou que notre propre posture participe davantage que nous le pensions à ce qui se reproduit entre nous. Dans les deux cas, la découverte produit de l’information utile.

Le courage relationnel se manifeste alors dans notre capacité à entrer dans une conversation dont nous ne contrôlons pas complètement l’issue, à rendre une hypothèse accessible à la vérification et à demeurer disponibles à ce que cette vérification nous apprendra.

Cette posture ne conduit pas systématiquement à modifier notre jugement. Une conversation peut confirmer une perception. Une nouvelle interaction peut renforcer un pattern déjà largement documenté. Une limite peut devenir encore plus clairement nécessaire. La disponibilité à l’information nouvelle comprend aussi la possibilité que cette information consolide ce que l’expérience nous avait appris.

La maturité relationnelle réside peut-être dans cette capacité à laisser la réalité continuer d’informer notre discernement, y compris lorsque ce qu’elle nous révèle exige une décision difficile.

Une responsabilité envers la qualité de notre regard

Nous parlons beaucoup de responsabilité dans les relations : celle de nos paroles, de nos comportements, de nos décisions et de leurs impacts. La manière dont nous construisons ce que nous croyons savoir de l’autre mérite elle aussi notre attention, puisqu’elle influence la posture avec laquelle nous entrons dans chacune de nos interactions.

Cette responsabilité envers notre regard nous invite à demeurer attentifs à la différence entre les comportements que nous avons observés et les intentions que nous leur avons attribuées, entre les patterns suffisamment documentés pour guider notre discernement et les conclusions devenues si familières que nous ne les vérifions plus. Elle demande aussi de reconnaître que la conviction d’avoir raison sur l’autre peut parfois réduire notre capacité à percevoir une information qui ne correspond plus à ce que nous attendions.

Cette vigilance devient particulièrement importante lorsque notre représentation est négative. Présumer qu’une personne agira avec une mauvaise intention, qu’elle sera incapable d’entendre ce que nous avons à lui dire ou qu’elle réagira nécessairement de la pire manière influence déjà notre posture avant qu’elle ait eu l’occasion de prendre part à l’interaction. Notre regard devient alors lui-même une composante du système relationnel.

Reconnaître cette influence n’affaiblit ni notre jugement ni les limites que l’expérience nous a appris à poser. Certaines relations offrent suffisamment d’informations cohérentes pour qu’une décision, une distance ou une fin de relation soit pleinement justifiée. La curiosité relationnelle n’exige aucune réouverture permanente de conclusions suffisamment étayées.

Est-ce que ce que je crois savoir a réellement été suffisamment observé pour guider mon discernement, ou ai-je simplement cessé de le questionner ?

Connaître l’autre sans cesser de le découvrir

Une relation vivante accumule nécessairement de la connaissance. Nous apprenons les uns des autres, reconnaissons progressivement les continuités, les forces, les vulnérabilités et les patterns qui façonnent notre manière d’être ensemble. Cette mémoire donne de la profondeur à nos liens et permet un discernement qui serait impossible si chaque interaction existait indépendamment de toutes celles qui l’ont précédée.

La richesse de cette connaissance dépend aussi de sa capacité à demeurer perméable au présent. Une représentation relationnelle vivante intègre l’expérience et continue d’accueillir l’information nouvelle. Elle reconnaît les patterns et demeure capable de percevoir leur évolution. Elle permet au passé d’éclairer le présent et au présent de continuer d’enrichir ce que le passé nous avait appris.

Empathie, curiosité, ouverture et courage participent ensemble à cette capacité. Leur interdépendance nous permet d’aller vers l’autre avec tout ce que nous savons déjà de lui tout en conservant suffisamment d’espace pour ce que nous ignorons encore, ce qui a changé et ce que notre propre regard n’avait peut-être pas encore permis de voir.

Plus nous connaissons quelqu’un, plus cette posture devient subtile. La profondeur relationnelle se construit alors dans notre capacité à tenir ensemble la connaissance et la découverte, la mémoire et le mouvement, le discernement et l’ouverture.

Connaître profondément quelqu’un pourrait ainsi signifier avoir suffisamment appris de lui pour reconnaître ses continuités, tout en conservant suffisamment de curiosité pour ne jamais confondre ce que nous savons de lui avec tout ce qu’il est encore possible de découvrir.

Références et fondements scientifiques

Cet essai s’inscrit dans une réflexion plus large sur la perception interpersonnelle, la cognition sociale, l’exactitude empathique, les biais cognitifs et l’humilité intellectuelle. Les travaux suivants ont notamment contribué à éclairer les phénomènes abordés.

Leising, D., Gallrein, A.-M. B., & Dufner, M. (2014). Judging the behavior of people we know: Objective assessment, confirmation of preexisting views, or both? Personality and Social Psychology Bulletin, 40(2), 153–163. https://doi.org/10.1177/0146167213507287

Cette étude explore directement la tension au cœur de cet essai : lorsque nous évaluons les comportements de personnes que nous connaissons, notre jugement peut refléter à la fois ce qu’elles font réellement et les représentations que nous avions déjà construites à leur sujet.

Vazire, S. (2010). Who knows what about a person? The self-other knowledge asymmetry (SOKA) model. Journal of Personality and Social Psychology, 98(2), 281–300. https://doi.org/10.1037/a0017908

Le modèle SOKA montre que la connaissance d’une personne demeure distribuée : selon les caractéristiques observées, la personne elle-même et ceux qui la connaissent peuvent posséder des perspectives différentes et parfois complémentaires.

Nickerson, R. S. (1998). Confirmation bias: A ubiquitous phenomenon in many guises. Review of General Psychology, 2(2), 175–220. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.2.175

Cette revue de référence documente le biais de confirmation, soit notre tendance à rechercher ou interpréter l’information d’une manière cohérente avec les croyances, attentes ou hypothèses que nous possédons déjà.

Snyder, M., & Swann, W. B., Jr. (1978). Behavioral confirmation in social interaction: From social perception to social reality. Journal of Experimental Social Psychology, 14(2), 148–162. https://doi.org/10.1016/0022-1031(78)90021-5

Ces travaux montrent comment les attentes d’une personne peuvent, dans certaines circonstances, influencer sa manière d’entrer en interaction et contribuer à susciter chez l’autre des comportements cohérents avec ses attentes initiales.

Sened, H., Lavidor, M., Lazarus, G., Bar-Kalifa, E., Rafaeli, E., & Ickes, W. (2017). Empathic accuracy and relationship satisfaction: A meta-analytic review. Journal of Family Psychology, 31(6), 742–752. https://doi.org/10.1037/fam0000320

Cette méta-analyse porte sur l’exactitude empathique, soit notre capacité à percevoir avec justesse les pensées, les émotions et certains états intérieurs d’une autre personne.

Porter, T., Elnakouri, A., Meyers, E. A., Shibayama, T., Jayawickreme, E., & Grossmann, I. (2022). Predictors and consequences of intellectual humility. Nature Reviews Psychology, 1, 524–536. https://doi.org/10.1038/s44159-022-00081-9

Cette revue situe l’humilité intellectuelle autour de la capacité métacognitive à reconnaître les limites de ses propres croyances et connaissances.

Une lecture C+

Les recherches mobilisées dans cet essai entrent en résonance avec une architecture déjà présente dans les modèles et parcours développés par Le Facteur C+. Le modèle ÉCHO — Empathie, Curiosité, Ouverture et Héroïsme (courage) — aborde ces capacités comme interdépendantes et comme participant ensemble à la qualité de notre présence à soi, à l’autre et à la relation.

Dans cette perspective, l’empathie nous rend disponibles à une expérience différente de la nôtre ; la curiosité maintient suffisamment d’espace pour chercher à la comprendre ; l’ouverture permet à ce que nous découvrons d’enrichir notre représentation ; et le courage soutient notre capacité à entrer dans cette découverte et à demeurer présents lorsque ce qu’elle révèle vient déplacer nos certitudes.

Cette lecture constitue la perspective propre à C+ proposée dans cet essai. Les recherches citées en éclairent différents mécanismes sans chercher à établir ou à valider scientifiquement le modèle ÉCHO dans son ensemble.


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